Je ne regarde pas de bandes-annonces

Critiques courtes et spontanées par un amateur de cinéma

Je n’arrive décidément pas à choisir si Spring Breakers est une pâle excuse pour exhiber à tout va paires de nibards et autres parties de l’anatomie masculine et féminine ou si il y a vraiment du génie dans la réalisation de Korine. Génie que ma prude âme a eu du mal à desceller entre deux strings.

Je me décide pourtant à opter pour le génie : si l’on fait abstraction des scènes trash (la question sera, sont-elles justes ou too much ?), c’est un film qui sort des sentiers battus, qui dérange énormément mais dans le bon sens du terme. Ce n’est pas du tout un petit film sur une bande de copines qui vont faire la bringue en bikinis multicolores. C’est un film sur un groupe de filles sans morale, dont l’éducation est proche du néant et qui montre comment l’esprit humain peut dériver s’il ne se fixe pas de limites, s’il n’est pas un minimum encadré.

L’interpretation est absolument saisissante et surprenante, quand on pense que plus de la moitié du casting est issu de la génération Disney Channel, on reçoit une belle claque. James Franco est juste hallucinant ; lui toujours dans des rôles de bo’goss simplet, le voilà à jouer des scènes obscènes avec l’oeil qui brille, à chanter Britney Spears une mitraillette à la main, les dents plaquées argents et des rastas très Sean-Paul-Style. Interpretation criante de vérité, impensable quand on se rappelle la personne simple et politiquement correcte à laquelle il nous à habituer.

Le scénario est dérangeant mais franchement intéressant : ces filles qui voient en ce spring break un voyage initiatique afin de découvrir leur véritable eux-même et qui, complètement dévouées à ce projet, ne se rendent pas compte du niveau de débauche qui les entoure. Ensuite, on voit progressivement se dégager du groupe de filles, deux d’entre elles. Ces deux guerrières, complètement dépourvues de tout sens moral, capable de terroriser à coup d’armes à feu, se perdent dans les sions de leur affreux mentor, sombrant dans le vice sans sembler regretter une seule seconde leurs actes. Le film se termine par une scène aussi étrange qu’invraissemblable, nous laissant nous poser mille et une questions sur le vrai message lancé par Korine.

Et que dire du coup de caméra, extrêmement intéressant, filmé entre le film grand budget et le reportage, voire le film de vacances. Un doux mélange qui rend vraiment le visuel interpellant. Le gros point fort de l’oeuvre, qu’on accroche ou non au fond.

Après ce flot d’éloges, il se peut que ma première impression fut la bonne et que mon esprit ait été trouver du bon là ou il n’y en avait pas. Car oui, Spring Breakers est allègrement vulgaire. A un tel point qu’on se trouve désemparé, que cela frôle le ridicule. Qu’on se demande à plusieurs reprises « WTF ? ».

A vous de juger.

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